Le Burkina Faso, où les attaques terroristes se multiplient depuis le début de l’année, peut compter sur le même soutien militaire français que le Mali voisin, souligne le nouveau commandant de la force française au Sahel Barkhane, le général Frédéric Blachon, dans une interview à l’AFP.

Q : Vous êtes en poste depuis deux mois. Quelle est votre analyse de la situation pour Barkhane dans la bande sahélo-saharienne ?

R : L’immense point positif, c’est le contexte, qui est favorable. J’ai la chance de prendre le commandement de cette opération au moment où les lignes bougent. Elles bougent politiquement : s’il y a un an, on nous avait dit que l’élection présidentielle malienne se passerait aussi bien, on aurait immédiatement acheté.

Deuxième point positif : un Premier ministre malien déterminé à mettre en place un accord de paix. Au sein de la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad, ex-rébellion, ndr), les lignes bougent également : certains s’interrogent sur l’opportunité de rejoindre le camp antiterroriste plutôt que de faire un bout de chemin avec le camp adverse. Quatrième élément très favorable : une mobilisation inégalée de la communauté internationale, qui
demande des comptes, qui se montre impatiente, et c’est une bonne chose pour que les choses avancent.

Il y a un véritable intérêt pour le Sahel, de la part de l’Onu, de l’Union européenne (..) Nous avons de la chance d’avoir des Européens aux côtés de Barkhane. Je salue l’engagement espagnol, estonien, britannique.

Q : Comment va évoluer le dispositif Barkhane ? Allez-vous développer vos opérations au Burkina, où la situation sécuritaire se dégrade au nord et à l’est et où vous avez prêté main forte à deux reprises ces derniers jours ?

R : Un dispositif ça vit, ça s’adapte. En matière d’évolutions, vous pouvez concentrer les efforts quelque part, vous pouvez étendre une zone de responsabilité, vous pouvez aller dans une zone considérée comme prioritaire...

Le Burkina fait partie de la bande sahélo-saharienne, c’est donc déjà dans nos responsabilités. Vis-à-vis du Burkina, on ne fait que ce qu’on est appelé à faire au Mali. Ce serait grave si ça arrivait dans un autre pays qui ne fait pas partie de la BSS (bande sahélo-saharienne). Le Burkina, qui fait partie de la BSS et de la force conjointe du G5 Sahel, aura droit au même appui que nous apportons aux autres pays du G5.

Q : Quel regard portez-vous sur la force conjointe du G5 Sahel, qui peine à
monter en puissance ?

R : Le G5 est très utile, il est bon que des pays africains se parlent, se coordonnent, et traitent leurs difficultés communes. Il faut simplement ne pas oublier que nous avons à faire à cinq pays les plus pauvres de la planète. De notre côté aussi, il nous a fallu des années avant de se coordonner : l’Otan a mis du temps à se mettre en place. On demande à ces pays très pauvres, avec de petites armées qui manquent de tout, ni renseignement, ni moyens aériens ou logistiques, de franchir le pas en quelques mois, en quelques années.

Je comprends qu’il y ait de l’impatience, mais ça viendra. Regardons d’où on part. Aujourd’hui ces armées sont meilleures qu’elles ne l’étaient auparavant, c’est ça qui compte : la tendance, la dynamique

AFP

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