Lutte contre le terrorisme, amélioration de la gouvernance économique et administrative, dynamisation des secteurs porteurs de croissance et de création d’emplois, politique sanitaire, amélioration de l’offre en matière d’infrastructures scolaires et routières, etc., le premier ministre Christophe Dabiré a établi hier 16 mai l’état de santé de la nation.
Et s’est dit confiant dans la capacité du gouvernement "à maintenir un un environnement macroéconomique assez stable"

Comme le prévoit l’article l’article 109 de la Constitution, le premier ministre Christophe Dabiré a présenté hier 16 mi 2019 la situation de la nation aux députés.
Une occasion de faire le diagnostic de l’état de santé de notre pays à l’heure actuelle, tous secteurs confondus et d’expliquer les perspectives qui se présentent pour la suite de son action à la tête du gouvernement, cinq mois après sa nomination.
Guerre contre le terrorisme, gestion de la grogne sociale dans de nombreux secteurs d’activités, amélioration de la gouvernance, modernisation de l’administration, dynamisation des secteurs porteurs de l’économie, etc., Christophe Dabiré a livré un discours qui se veut sincère et réaliste.
Dans un contexte sécuritaire précaire où plusieurs régions de notre pays sont l’objet d’attaques terroristes qui appellent des mesures fortes avec un réaménagement budgétaire, comment impulser dans le même temps une dynamique économique à même de créer une croissance durable créatrice d’emplois ?
C’est toute la complexion de l’équation à laquelle sont confrontés les différents gouvernements depuis l’élection du président Roch Kaboré en 2015.
Ces derniers mois, l’offensive lancée contre les terroristes, l’armée a été accusée par des organisations de défense des droits de l’homme d’avoir commis des assassinats de civils innocents. Des accusations rejetées par le gouvernement et repris à son compte par le premier ministre. Au contraire, il se félicite de ce que le Burkina respecte les accords internationaux de protection des droits de l’homme qu’il a ratifiés et cite en exemple le fait que notre pays accueille sur son territoire des dizaines de milliers de réfugiés. "Notre pays abrite encore aujourd’hui plus de 25 000 réfugiés et enregistre près de 5 000 demandeurs d’asile ainsi qu’environ 150 000 déplacés internes dus à
l’insécurité et aux conflits communautaires", explique t-il.

S’agissant du cas particulier du drame de Yirgou où une partie de la population avait commis des crimes contre la composante peule, on apprend que 160 personnes ont été auditionnées et que l’enquête préliminaire sur le meurtre du chef du village est bouclée. Christophe Débiré apprécie que le procès du putsch du 16 septembre 2015,
débuté le 27 février 2018 se déroule dans de bonnes conditions, preuve que la justice joue tant bien que mal son rôle dans la consolidation de l’état de droit.
Au plan international, le premier ministre note avec satisfaction les bonnes relations que notre pays entretient avec les pays étrangers, africains ou d’ailleurs. Il se félicite ainsi que "l’axe Ouagadougou-Washington se consolide avec l’éligibilité en
décembre 2016 du Burkina Faso pour un second Compact du Millennium
Challenge Corporation (MCC) et son éligibilité en décembre 2018 pour le
Compact régional" et qu’en 2018, nous ayons signé "88 conventions pour un montant de 1 176 milliards de FCFA".

Parlant de la liberté de la presse, il note les progrès réalisés dans la promotion de la liberté de presse qui valent au Burkina d’être classé, selon Reporter Sans Frontières, au 36è rang mondial sur 180 pays, au 4è rang au niveau africain et 1er dans les pays d’Afrique francophone. Son gouvernement se félicite que l’accès à l’information s’étende avec l’arrivée de 35 stations de diffusion de la Télévision Numérique de Terre (TNT) dont 29 sont opérationnelles et le renforcement des plateaux techniques de la
Télévision Nationale et des Editions Sidwaya en divers matériels et outillages
techniques, puis à l’octroi d’une subvention de 400 millions à 96 entreprises de
presses. Il a révélé qu’une ligne de crédit a été ouverte dans une banque de la place et
dotée d’un montant de 667 millions de FCFA pour financer les entreprises de
presse désireuses de réaliser des investissements.

Au plan économique, en dépit du contexte sécuritaire préoccupant, l’activité ne s’est pas pour autant ralentie ; au contraire, elle s’est renforcée depuis 2016 et "le taux de croissance économique est ressorti à 6,6% contre 6,3% en 2017 ; 5,9% en 2016 et 3,9% en 2015", preuve de notre "capacité de résilience qui nous permet de maintenir un environnement macroéconomique assez stable caractérisé par une inflation bien maîtrisée (2% en fin 2018), un déficit budgétaire contrôlé (4,7% du PIB en 2018) et un taux d’endettement faible (38,4% du PIB en 2018)".
Dans le souci de réduire les inégalités de développement dans les régions, le gouvernement a poursuivi la mise en oeuvre du Programme d’urgence pour le Sahel (PUS) au Burkina Faso (PUS-BF) et le Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL). Ainsi, 154 projets d’investissement d’un montant de 111 milliards de francs CFA dans les domaines socioéconomiques, de la gouvernance et de la sécurité ont été exécutés pour la plupart entièrement en 2018.
"Quant au Programme d’appui au développement des économies locales
(PADEL) dont l’objectif est de lutter contre la pauvreté, il a déjà permis dans la
région du Sahel d’investir un montant total d’environ 3 milliards de francs CFA
en faveur de 797 promoteurs d’unités de production informelles, de réaliser des
infrastructures socio-économiques et de financer 617 microentreprises promues
par les femmes et les jeunes", foi du premier ministre. Six autres régions, Est, centre-Nord, Centre-Est, Boucle du Mouhoun, Centre-Sudet Nord en ont aussi bénéficié".
Le premier ministre a annoncé le démarrage de la construction du nouveau CHU de Bobo-Dioulasso, objet d’une polémique actuellement relativement à son lieu d’implantation, la forêt classée de Kua.


Dans le domaine du logement, un sujet qui défraie régulièrement la chronique, Christophe Dabiré a relevé la construction, en 2018, de 1 712 logements sociaux et économiques et la mise en œuvre du programme d’investissement au profit de la diaspora dans le cadre du programme 40 000 logements. Mais au moment où il prononçait son discours, des associations avaient appelé à une marche contre la politique du gouvernement en la matière.
Lutte contre le chômage des jeunes par le financement de projets, crédits accordés aux femmes regroupées en associations pour les soutenir dans leurs activités productives, construction de d’environ 591 km de route et de voirie urbaine, entretien de 1 829 km de pistes, avancement dans le projet de construction de l’aéroport de Donsin avec le choix de l’aéroport de Marseille comme partenaire stratégique dans le cadre du partenariat public-privé (PPP), atteinte de l’objectif de produire 25 000 tonnes de poisson, etc., le premier ministre a égrené les acquis engrangés par son prédécesseur Paul Kaba Thiéba, à qui il a rendu hommage.
Devenues la première source de revenus devant le coton, les industries extractives affichent des résultats satisfaisants. La production d’or a ainsi atteint 51,63 tonnes en
2018 contre 46,39 tonnes en 2017 ; soit une augmentation de 11,3%, une hausse qui s’est traduite par la hausse de sa contribution au budget de l’Etat de 262,4 milliards de F CFA en 2018 contre 226 milliards de FCFA en 2017.
Au plan politique, le dialogue national en vue de créer les conditions de la réconciliation nationale reste un chantier qui tient à cœur le président du Faso.
Reste à se mettre d’accord avec l’opposition sur les modalités de son organisation.
En somme, c’est un premier ministre confiant qui a fait un état des lieux positif de la nation et qui s’est ensuite prêté aux questions sans vote, des députés.

Dominique Koné
Kaceto.net

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