La loi relative à la régulation de l’utilisation de l’Internet et des réseaux sociaux adoptée le 21 juin continue de faire polémiques, notamment chez les professionnels de l’information et dans la société civile.
Afin de sensibiliser le public sur le contenu de cette loi, le CIFDHA en collaboration avec MYS’TIC Burkina et WACSOF, ont organisé hier n27 août un un panel sur le sujet.

« Régulation de l’usage d’internet et des réseaux sociaux par le code pénal : faut-il craindre une remise en cause des droits et libertés de l’Internet et des médias au Burkina Faso ? ». C’est sous ce thème que ce débat-panel s’est tenu hier 27 août à Ouagadougou. Selon Urbain Yaméogo, directeur exécutif du Centre d’information et de formation en matière de droits humains en Afrique (CIFDHA), même si la loi est entrée en vigueur, cela n’épuise pas pour autant le débat autour de la problématique des tentations liberticides qu’elle peut contenir. « Il est important que l’on puisse à la fois faire un travail de sensibilisation pour que les uns et les autres comprennent le contenu de la loi, ses implications et prendre éventuellement les dispositions nécessaires à pour éviter que les citoyens, sans le savoir et sans le vouloir, ne tombent sur le coup de cette loi », a-t-il indiqué. Il considère que c’est fondamental qu’un débat s’ouvre entre les différents acteurs concernés par la loi.
« Nous ne sommes pas tout à fait d’accord avec certaines dispositions de la loi, notamment lorsqu’on parle d’incrimination et de démoralisation des forces de défense et de sécurité. C’est une incrimination qui est suffisamment large, suffisamment floue et qui peut décourager ceux qui font un travail légitime, notamment les journalistes qui ne travaillent pas pour eux-mêmes, mais pour l’information et la sécurisation du public" a t-il déclaré.


Juriste au ministère du Développement de l’économie numérique, Georges Nébié, n’a pas la même lecture de la loi que fait le directeur exécutif du CIFDHA. Pour lui, la loi incriminée n’est ni liberticide, ni restrictive, pour la simple raison qu’elle vise à assurer la protection de la population et des Forces de défense et de sécurité. Or, il arrive que souvent, en voulant faire leur travail, les journalistes en viennent à livrer des informations aux terroristes, ce qui pénalise les FDS sur le terrain.
Directrice du développement de l’expertise nationale dans le domaine des télécommunications, Elisabeth Paré/ Sanou abonde dans le même sens que son collègue Nébié. Elle estime que lorsque les journalistes et certains internautes publient les corps des FDS morts, cela porte atteinte à la dignité de l’individu.

Frédéric Tianhoun
Kaceto.net

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