Le conclave d’Abidjan qui a réuni cette semaine le fondateur et président d’honneur du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Blaise Compaoré et les protagonistes des deux camps qui se crêpent le chignon depuis des mois, n’aura accouché qu’une toute petite souris.

On le sait, la crise qui secoue l’ex parti au pouvoir depuis l’insurrection populaire d’octobre 2014, puis du coup d’Etat foireux de septembre 2015, a atteint son paroxysme le 22 septembre avec l’exclusion ou la suspension de nombreux cadres, coupables d’actes d’indiscipline de nature à nuire à la vie du parti.
Une décision inédite dans la vie de cette formation politique créée par Blaise Compaoré le 5 février 1996 et qui a régné sur la vie politique jusqu’à sa chute en 2014.
Dans deux lettres envoyées, une au président du CDP Eddie Komboïgo et l’autre à Léonce Koné, chef de file de l’opposition interne, et qui se sont très vite curieusement retrouvées sur les réseaux sociaux, Blaise Compaoré s’est gardé de trancher en faveur d’un camp au détriment de l’autre. Une source à Abidjan a indiqué à Kaceto.net que les deux délégations ont été reçues séparément et qu’il n’y a pas eu de confrontations comme on pouvait s’y attendre.

Dans la missive adressée au président Eddie Komboïgo, il "regrette n’avoir pas été consulté sur la nature et le niveau des sanctions contre un certain nombre de camarades", et l’invite à prendre les dispositions utiles pour les rapporter" parce qu’à son avis, "ces mesures pourraient être grandement dommageables pour la dynamique de l’action du parti et pour son ambition électorale"
Ce n’est pas tout. Devant le spectacle que donnent à voir les principaux dirigeants du CDP, Blaise Compaoré en appelle "au sens du dialogue, de la cohésion, de l’unité et du rassemblement". Il félicite enfin le président Komboïgo pour "l’excellente animation du parti que vous avez su organiser depuis votre retour à sa tête" et émet le souhait d’être "informé des diligences que vous prendrez pour la mise en œuvre des préoccupations énoncées ci-haut".

S’adressant au "camarade Léonce Koné", un des exclus du parti, le fondateur l’informe "avoir saisi la direction politique du parti afin de rapporter les sanctions prises contre vous", invite tous les sanctionnés à "se tenir prêts pour rejoindre les rangs, travailler dans la discipline, l’unité et la cohésion pour un CDP toujours plus fort".
Il appelle ceux qui se tournent vers la justice pour manifester leurs mécontentements à "procéder à l’arrêt et au retrait immédiat de toutes les plaintes" et recommande que les querelles intestines soient gérées conformément aux dispositions des statuts et du règlement intérieur du parti".
Cette dernière invite tombe à pic, d’autant plus que ceux qui avaient introduit un référé pour demander la suspension du congrès extraordinaire du 22 septembre et qui avaient été déboutés, ont interjeté appel de la décision.
Va t-on vers la paix des braves entre les partisans des deux camps qui se regardent en chien de faïence ? "Rien n’est impossible, à condition que les fautifs se conforment aux recommandations du fondateur en retirant leurs plaintes, ce qui avait entrainé leur exclusion. Il faut également qu’ils acceptent de faire sincèrement leur autocritique et s’amendent", commente un proche du président du parti.
Dans tous les cas, si cela devait arriver, il faudrait à nouveau convoquer un congrès extraordinaire, seule instance habilitée à rapporter les sanctions prononcées.

Kaceto.net

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