Réconciliation, visa annulé, candidat de l’opposition en 2020, rencontre avec Gbagbo et Blé Goudé, 3ème mandat de Ouattara,… : Les vérités de Guillaume Soro depuis l’Espagne

Il ne manque pas d’occasion pour asséner ses vérités. Comme il l’a fait ce samedi 12 octobre 2019, depuis Valence, en Espagne, au cours d’un Crush party avec ses partisans. Guillaume s’est encore lâché, et sur plusieurs sujets de l’actualité et de son actualité. L’ex-président de l’Assemblée nationale déchu y est allé encore de son verbe et de sa verve face à ses partisans qui ont fait le déplacement de Valence pour l’écouter. Abidjan.net, qui a suivi cette partie de fans à idole, livre de grands extraits de ladite rencontre de vérité.

Réconciliation nationale

« Nous sommes en 2019, et je suis au regret de vous dire que la réconciliation est un échec en Côte d’Ivoire. Neuf ans après notre arrivée au pouvoir, nous avons échoué à mettre les Ivoiriens dans le train de la réconciliation. Bien au contraire, certains troubadours autour du président se sont attelés dans un vacarme et un charivari incroyable à diviser les Ivoiriens. Aujourd’hui, l’œuvre de ces grands troubadours, dans leur intérêt personnel ont fait en sorte que le président Alassane Ouattara est en palabre, c’est sûr avec Gbagbo, Anaky, Bamba Moriféré, Francis Wodié, Bédié et avec le petit Soro. Toi seul, tu es en palabre avec tout le monde, et je n’accuse pas directement le président. Parce que le président Ouattara, je l’ai fréquenté. (…)

Mon souhait est que le président Ouattara prenne le bâton de la réconciliation. Ainsi, le faisant, il allait rentrer dans l’histoire pour la postérité. Imaginez que le président Ouattara, réélu en 2015, organisait la journée de la réconciliation au stade Houphouët-Boigny, faisait venir tous les prisonniers, en présence de chefs de l’Etat de la sous-région, tenait un discours magnifique dans le genre : ‘’la nation vous accorde son pardon’’, c’était terminé. La paix serait revenue. (Récit des déboires des gens maintenus en prison)
La question de la réconciliation demeure une quête pour nous, jeune génération. Parce que moi, personnellement je refuse de recevoir en héritage les querelles des anciens. Il faut qu’on interrompe ce cycle qui consiste à léguer à nos enfants et à nos petits enfants nos propres querelles. Dans notre programme de gouvernement et notre projet de société, la réconciliation nationale sera un socle. (…) Aimons-nous les uns et les autres. Mettons-nous ensemble, construisons une nation.

Annulation de son visa sur les Usa

Il présente la photocopie de son visa américain d’un an obtenu depuis le 1er novembre 2018 et qui doit expirer le 31 octobre 2019 puis explique :

« Quand j’ai annoncé que je vais aller aux Etats-Unis, le Consul général qui est assis à Abidjan a appelé mon protocole pour leur dire qu’ils ont décidé d’annuler mon visa. Mon visa était valable jusqu’au 31 octobre 2019. Or, je voulais aller aux Etats-Unis en Septembre. Quand j’ai mis l’information sur facebook, le Consul s’est levé le matin pour appeler mon protocole pour dire que lui, il a annulé mon visa. On a cherché à savoir, je n’ai pas su. J’ai pris un avocat américain. C’est cet avocat américain qui m’a dit que le visa que j’ai obtenu le 1er novembre 2018 est un visa DA, c’est-à-dire un visa diplomatique. Donc, le gouvernement ivoirien a le droit de demander aux Américains d’annuler ce visa.

Je dis, comme je ne suis plus président de l’Assemblée nationale, pour me montrer que je ne suis rien, c’est pourquoi ils ont annulé. J’ai dit ce n’est pas grave. Mais, quand on annule un visa comme cela, qu’est-ce qu’on doit faire ? Il m’a dit : ‘’Comme le gouvernement et l’ambassade ont annulé ton visa, il faut que tu ailles demander un visa en tant que touriste qu’on appelle les visas B1, B2. Mais, comme j’ai un passeport diplomatique, j’ai demandé à Fofana, mon aide de camp, d’aller me faire un passeport vert (ordinaire) comme tous les citoyens pour aller demander un visa B1, B2. C’est là que mon avocat me dit qu’il y a un problème. Il me dit qu’il ne sait pas qui, mais il y a des gens qui sont allés dire aux officiels américains que je suis un terroriste. Donc, les autorités américaines, fort de l’information venue d’Abidjan, pour dire que Guillaume Soro a eu des activités terroristes, ont déclaré ce qu’elles appellent ‘’Inadmissibility’’ (Inadmissibilité, Ndlr). Ce jour-là, ça m’a fait mal. Moi, j’ai dirigé le Mpci, les forces nouvelles, je me suis battu pour que ceux qui vont dire aux Américains aujourd’hui que je suis terroriste arrivent au pouvoir, qu’ils soient ministres et tout, et comme ils sont rassasiés aujourd’hui, ils s’en vont dire aux américains que je suis un terroriste. Simplement, parce qu’on ne veut pas que j’aille aux Etats-Unis. Je me suis dit que la nature humaine est quelque chose. Ils ont dit que je suis en lien avec des activités terroristes, que j’ai dirigé le Mpci. Mais, depuis quand le Mpci a été classé organisation terroriste ? Mais, savoir que ce sont mes propres frères qui vont faire ça après qu’on s’est battu et qu’eux ils mangent un peu, pour toute récompense, ils vont me signaler aux Américains comme terroriste.

Passeport bloqué

Non content de cela, je suis un citoyen ivoirien. Ironie de l’histoire, je suis allé à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris. J’ai introduit mes papiers le 22 août 2019, aux fins d’obtenir mon passeport vert – Je n’ai pas demandé diplomatique -. Jusqu’aujourd’hui, mon passeport vert est bloqué. On a refusé d’établir mon passeport vert. Pourquoi ?
C’est-à-dire que moi qui ai passé 15 à 20 ans de ma vie à me battre pour que les Ivoiriens aient leurs papiers, leurs cartes d’identité, leurs passeports, leurs droits, ironie de l’histoire, c’est moi qui suis interdit aujourd’hui d’avoir mon passeport, titre de transport. Sans explication ! Et je demande à Me Affoussiata Bamba d’écrire à la Côte d’Ivoire. Le passeport vert, ce n’est pas une faveur. C’est pour moi. Je suis Ivoirien, de père ivoirien, de mère ivoirienne. Donc, pourquoi on me refuse mon passeport vert ? Est-ce que c’est ça qui va empêcher que je sois candidat et qu’on gagne les élections ?

Candidat de l’opposition en 2020

« Chacun va se présenter en 2020. Il y a des partis politiques, qui sont pro-Soro, qui m’ont choisi pour que je sois leur candidat. Je serai candidat. Maintenant, s’il y a un 2ème tour, c’est là que les partis de l’opposition vont se réunir pour voir qui a eu le plus de point. C’est celui-là qui aura le soutien des autres. Alors, inscrivez-vous vite pour que je sois premier.

Long séjour à l’étranger, un exil ?

« La Constitution ivoirienne interdit l’exil, et le premier garant du respect de la Constitution, c’est le président Alassane Ouattara. Pourquoi resterai-je en exil ? Je suis venu en Europe pour m’organiser tactiquement, stratégiquement par rapport au Gps, et j’ai travaillé pour organiser 2020. Maintenant, une fois que j’ai fini l’Europe, quand je rentre, c’est pour ne plus quitter Abidjan. Je vais aller dormir dans les villages jusqu’en 2020. Il n’y a pas exil dans mon destin. Je vais rentrer à Abidjan. Alassane Ouattara n’est pas quelqu’un qui laisse des gens en exil. C’est lui qui dit aux exilés de rentrer »

3è mandat de Ouattara :

« La Constitution dit qu’Alassane doit faire deux mandats. Il a fait ses deux mandats. Vous voulez qu’on pense quoi encore ? C’est vous qui mettez les mauvaises idées dans les têtes des gens, sinon Alassane lui-même sait qu’il a fait ses deux mandats et que c’est fini. Sinon Alassane que je connais dans l’intimité, un jour, il m’a dit que lui il ne fait pas de 3ème mandat et qu’il va faire seulement deux mandats. Ses deux mandats sont finis, c’est fini. La Constitution même ne lui permet pas de faire autre chose que deux mandats.

Rencontre avec Gbagbo et Blé Goudé

« Rien ne coince. Pourquoi les gens veulent que leur agenda soit notre agenda ? Le jour où Gbagbo et moi on va se voir, on va vous dire. (…) Charles Blé Goudé, c’est mon compagnon de lutte, c’est mon ami, c’est mon frère. J’ai demandé à Affoussy d’aller voir Charles Blé Goudé pour l’embrasser, et puis après moi je viens ».

Réintégration du Rhdp

« Moi, je ne suis pas dans ruse. Je ne suis pas Rhdp, c’est fini. La structuration de mon cerveau, les prérequis du combat que j’ai mené, ont été par acquis de conscience, je ne vois pas pourquoi je vais être Rhdp. Je l’ai dit à Alassane et aux Ivoiriens que le Rhdp, tel qu’il est constitué, va ramener la division et la guerre en Côte d’Ivoire. L’histoire est en train de me donner raison. Donc, je ne suis pas Rhdp, je suis dans Gps. Je sais qu’à partir de janvier 2020, les gens de Rhdp vont courir pour venir dans Gps. Beaucoup au Rhdp m’ont appelé pour dire qu’ils vont venir. Ce n’est pas à moi d’aller au Rhdp, c’est au Rhdp de venir au Gps, parce que l’avenir de la Côte d’Ivoire appartient à la jeunesse ».
Nouvelle Cei : « Je suis extrêmement inquiet pour la Côte d’Ivoire. Parce que généralement en Afrique, les guerres partent des élections mal organisée. C’est pourquoi la Cei est un instrument stratégique capitale pour la paix dans nos pays. C’est un homme d’expérience qui vous parle. Ecoutez l’expérience d’un Premier ministre, qui a travaillé pendant 3 à 4 ans à mettre une Cei consensuelle en Côte d’Ivoire qui a rassuré tout le monde.
Alassane et son gouvernement, ont mis en place, de façon unilatérale une Cei partisane et parcellaire, non consensuelle, semant ainsi les gênes de conflits futurs.
La Cei actuelle, telle qu’elle est mise en place, contient en son sein les germes d’une déflagration future, et les chefs d’Etat de la sous-région font comme s’il ne voient pas, Macron, l’Union européenne (Rappel de tout le processus pour la mise en place de l’ex-Cei).
Alassane aujourd’hui, qui est président, il sait que c’est comme ça qu’on a fait pour mettre la Cei en place. Pourquoi aujourd’hui, lui qui est président, et qui n’est pas candidat pour 2020, il ne prend pas le temps pour que tout le monde discute de la Cei et que tout le monde signe. Non, il veut forcer. Il prend une Cei, il met ce qu’il veut dedans. Une Cei qui a déjà le nom du président élu avant qu’on aille en 2020, comment ça va faire la paix ? Parce que la Cei-là, elle a le nom du prochain président.

Message à Ouattara, à Macron et aux présidents ouest-africains :

« D’Espagne, je demande au président Ouattara, il est le garant de l’unité nationale. Cette Cei n’est pas bonne. Il n’a qu’à reprendre cette Cei-là. Il appelle les acteurs comme on a fait en 2010. Qu’il se rappelle que j’ai fait ça pour lui et que lui, Ouattara, était majoritaire à la Cei. Le Rdr avait trois représentants, moi Soro avec le Mpci, le Mpigo et le Mjp, on avaient 9 représentants. On l’a aidé. Aujourd’hui, lui il est au pouvoir, mais qu’il permette à l’opposition d’exister réellement dans la Cei. Ça y va de sa crédibilité et de la paix dans notre pays. Donc, la Cei-là, elle n’est pas bonne. Ceux qui sont dedans voient le salaire qu’ils vont avoir et ne mesurent pas les risques de déflagration qu’il va avoir.
Donc, la Cei est l’un des ingrédients de la déflagration, et vous, vous faites semblant de ne pas savoir. Les présidents africains de la sous-région - je parle de Macky Sall, Akufor Ado, Faure Gnassimgbé, Roch Kaboré, IBK, Georges Weah – vous faites comme si vous ne voyez pas que ça ne va pas en Côte d’Ivoire. C’est maintenant qu’il faut dire à Alassane que la Cei doit être consensuelle.
M. Macron, vous faites comme si vous ne voyez pas que la Cei là n’est pas bonne, mais vous préférez aller signer métro. Pour que le métro roule bien, il faut que la Cei roule bien, Macron ».

Retranscrit par F.D.BONY
Abidjan.net

images

Un message, un commentaire ?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.