La fracture ne fait que s’aggraver au fil du temps entre les soutiens de la direction du Congrès pour la démocratie et le progrès et ceux qui sont favorables à la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo.
Dans le texte ci-contre publié le 29 octobre dernier par nos confrères du journal Le Quotidien, "le groupe des 300" comme ils se définissent s’en prennent au président d’honneur Blaise Compaoré, qu’ils accusent de ne pas jouer franc jeu en traitant selon eux, le président Eddie Komboïgo et ses opposants sur le même pied d’égalité.

La situation du CDP depuis notre congrès extraordinaire du 22 septembre dernier fait couler beaucoup de salive et d’encre. Il est temps que nous qui faisons fonctionner le parti et qui organisons ses activités sur le terrain à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso et dans les provinces, jusqu’au fin fond des villages, prenions la parole pour nous faire entendre. Car sans nous les militants et les dirigeants du parti à Ouagadougou, il n’y a pas de CDP. Les trois dernières lettres de l’ancien président du Faso en effet, nous ont ouvert les yeux. Et beaucoup parmi nous qui sommes restés fidèles au parti et à Blaise Compaoré, qui en ont souffert et qui en souffrent toujours, regrettons aujourd’hui de n’être pas partis comme d’autres. Nombreux sont ceux qui parmi nous disent comprendre maintenant pourquoi le MPP, a vu le jour. Certains, et ils sont nombreux, donnent désormais raison à Roch Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré, pour avoir rompu avec le système et sont allés déposer leurs valises ailleurs.
Car ce qui vient de se passer n’est pas acceptable dans un parti normal. Mais notre parti est-il un parti normal ? Il suffit d’écouter l’opinion publique à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso, partout dans nos provinces, pour répondre non. Le président d’honneur peut-il remettre tout seul en question les décisions d’un congrès du parti ? Assurément, nous disons non.
Le CDP était malade des effets de l’insurrection dont l’origine se trouvait dans les errements de certains gourous de notre parti, qui sont actuellement autour de Blaise Compaoré à Abidjan, à Paris ou ailleurs hors du pays. Non seulement ils n’ont pas appris la leçon de l’insurrection, mais ce sont ceux qui, pour la plupart ne vivent pas au Burkina, veulent continuer à diriger le parti à partir de l’extérieur, d’Abidjan, de Paris ou de Maputo tel Alain Yoda. Nous le refusons désormais.
Depuis plus d’un an, des camarades sont sortis du cadre du parti et de sa discipline pour soutenir Kabré Désiré Ouédraogo qui n’a pas caché dès ses premières déclarations, qu’il n’est pas le candidat du CDP. Des camarades ont traîné le parti devant les tribunaux ; certains demandaient même qu’on lui retire son récépissé ; ce qui veut dire qu’il soit dissout. Passons sur les déclarations, basses et ordurières dans les médias, et le fait que certains militent dans un nouveau parti, créé pour Kadré. Léonce Koné par exemple qui n’est pas spécialement brillant que parce qu’il est à la retraite d’une banque où il n’a pas spécialement brillé. Et c’est lui qui veut nous donner des leçons à tout le monde entier, et qui déclare que s’il revient au CDP, il continuera à soutenir la candidature de Kabré Désiré Ouédraogo. On verra alors ce que dira le président d’honneur. A moins qu’il ne joue pas franc-jeu avec le parti et que lui-même ne soutienne Kabré Désiré Ouédraogo.
Pendant tout ce temps, le président d’honneur du parti n’a rien dit ; il n’a rien fait, alors qu’il avait toutes les informations. Il savait que ces camarades étaient dans l’indiscipline. Mieux, il a laissé faire et il a continué à recevoir à Abidjan, sur le même pied d’égalité que le président du parti, Eddie Komboïgo, ces militants au comportement anti-parti, comme les appelle si bien l’ancien Premier ministre Yonli Paramanga Ernest. La plupart parmi ceux qui s’agitent autour de Blaise Compaoré, entre Abidjan et Ouagadougou, n’ont aucune base politique, sociale ou électorale. Ce ne sont pas eux qui apporteront des voix au parti lors des élections. La campagne, c’est nous qui la battrons et nous ne le ferons que pour le candidat que nous aurons choisi.
Ces camarades ne sont actuellement d’aucun apport pour la vie du CDP en dehors de l’agitation intellectuelle, des manipulations, des déclarations arrogantes dans les médias, et de l’activisme sur les réseaux sociaux, uniquement pour vilipender les responsables du parti au plus haut niveau.
Au congrès de septembre, lors du vote final sur les sanctions, sur les 1950 congressistes, il n’y a eu aucun vote « contre », et seulement deux abstentions. Selon ce que nous savons, le président d’honneur, malgré ce qu’il a écrit, a été informé des sanctions avant le début du congrès. Il a aussi été informé de ses conclusions.
La convocation du président du parti avec deux autres camarades de la direction pour se rendre à Abidjan, en même temps que des militants exclus, dans des termes identiques, nous pose un problème de fond. Les trois lettres aussi. Car ce qu’elles contiennent, Blaise Comaporé aurait dû ou pu le dire à Eddie Komboïgo et à Achille Tapsoba alors qu’ils étaient à Abidjan, au lieu d’humilier la direction par des correspondances qui ont circulé sur les réseaux sociaux et ont été distribuées à Ziniaré avant que le destinataire officiel ne les reçoive. Pourquoi ? Le camarade Mélégué Traoré qui a refusé d’aller à la convocation d’Abidjan, a eu raison.
Mais la question de fond pour nous, c’est quel est exactement le statut de Blaise Compaoré dans notre parti ? Est-ce lui ou la direction élue par les militants qui dirige le CDP ? Les lettres du président d’honneur ne sont rien d’autre que des injonctions qu’on ne peut pas accepter dans un parti normal. Le CDP n’est pas la propriété de Blaise Compaoré ou de sa famille et il n’est pas au-dessus des statuts.
Il est notre référence et il est à l’origine de la fondation du parti en 1996. Mais contrairement à ce que les dirigeants du CDP écrivent et disent, il n’est pas « le fondateur » du CDP. Il est « membre fondateur » comme plusieurs autres. Ceux qui ont fondé le parti, c’est un groupe de responsables de partis qui se sont réunis avec ceux de l’ODP/MP en 1996 pour créer le CDP. Ce sont eux les fondateurs, mêmes si certaines des principales personnalités concernées ne sont plus au CDP aujourd’hui.
Beaucoup de militants étaient contre la résolution du dernier congrès qui fait de Blaise Compaoré, le président d’honneur avec des attributions exorbitantes, sans oser l’exprimer ouvertement. Elle avait été inspirée à dessein par des gens comme Léonce Koné. Un membre d’honneur ne prend pas des décisions dans un parti normal. Nous savons que ce n’est pas le président d’honneur qui a écrit les lettres. Mais c’est lui qui les a signées. Dans tous les cas, c’est une anomalie, et nous sommes contre.
C’est pourquoi, nous nous démarquerons désormais des décisions qui voudront se mettre au-dessus des statuts et de la direction officielle du parti. Il ne doit pas y avoir deux directions du CDP ; la direction officielle à Ouagadougou et une deuxième direction illégitime et illégale basée à Abidjan, composée d’une équipe de militants qui ne vivent plus aucune réalité au Burkina Faso. A partir de maintenant, nous refuserons d’obéir à toute directive qui ne viendrait pas de la direction officielle du parti. Tout comme nous n’accepterons pas qu’on nous impose un candidat pour l’élection présidentielle de 2020. Il faut qu’on le sache à Abidjan et à Paris, dès maintenant.

« Le groupe des 300 »
Un groupe de militants, de cadres et de
40 secrétaires généraux de sections du CDP

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