"Quelles stratégies de campagne pour une victoire éclatante de l’UNIR/PS aux élections couplées de 2020 ?", tel était le thème du congrès extraordinaire qui a réuni les militants du parti de l’œuf ce week-end. Me Sankara qui avait souhaité passer la main a été reconduit président du parti jusqu’en 2021.

"Après plus de vingt (20) ans passé à la tête de notre organisation commune, l’Union pour la Renaissance/Parti Sankariste (UNIR/PS), l’heure est venue pour moi de transmettre le flambeau pour la relève mais aussi et surtout pour la pérennité de notre combat qui restera permanent jusqu’à la victoire finale. C’est pourquoi aujourd’hui même, je rends ma démission de la présidence du parti pour en être un militant à la base". Propos de Maître Stanislas Bénéwindé Sankara dans son discours d’ouverture du congrès extraordinaire de l’Union pour la renaissance sankarite/Parti Socialiste (UNIR/PS) tenu du 29 au 31 mai 2020 au Palais de la culture Jean-pierre Guingané à Ouagadougou. Stupeur dans la salle. "On entendait presque les mouches voler" raconte un participant. "On a été pris de court et personne ne s’attendait à ça", poursuit-il. Les militants qui sont arrivés des provinces pour plancher sur la stratégie à définir dans la perspective des prochaines échéances électorales du 22 novembre prochain sont tétanisés par ce qu’ils viennent d’entendre.
Maître Sankara a quitté la tribune a rejoint sa place. Les membres du bureau du congrès, qui manifestement ont été mis devant le fait accompli se regardent. Un ange passe ! Celui qui préside le parti depuis sa création en 2000 est-il sincère ou veut-il tester sa légitimité auprès des militants et surtout auprès de certains cadres qui n’ont cessé depuis son décevant score, -2,77%-, à la présidentielle de 2015, de réclamer insidieusement son départ de la présidence du part ? "C’est une hypothèse que l’on met émettre ; mais si c’est le cas, il a réussi son coup", commente un cadre du parti.
Selon certains de ses proches, il y avait comme une sorte d’agacement chez lui face aux critiques et aussi une lassitude qu’on pouvait observer chez lui depuis un bout de temps. Toujours est-il que passé la surprise, les cadres se ressaisissent.
Batio Bassière, premier vice-président et président de la section provinciale du Houet du parti, monte aux créneaux. Pas question que le fondateur du parti démissionne de son poste. Il doit y rester, conduire la campagne électorale qui va bientôt s’ouvrir et attendre le congrès ordinaire de 2021 pour éventuellement démissionner. Pour l’instant, il demande aux militants de refuser la démission de leur président et de lui demander de rester et conduire encore les destinées de cette formation politique qui est un allié du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) dans la gestion du pouvoir d’Etat à l’issue du double scrutin présidentiel et législatif de 2015.
Sa proposition rencontre l’adhésion des congressistes et une résolution est adoptée pour rejeter sa demande de démission. "Vous avez pris la résolution de rejeter ma démission, eh bien, je prends acte", déclare Me Sanakra, sans toutefois renoncer définitivement à sa décision. Il demande à ses camarades d’y penser et que son successeur soit désigné au prochain congrès de 2021.
En attendant, Maître Sankara, qui savoure son coup d’éclat bien réussi, sonne la mobilisation en invitant ses camarades à se mettre au travail pour relever les nombreux défis suivants : réussir les élections de 2020, préparer le 20e anniversaire du parti ; produire « les Mélanges » dédiés au Président Thomas SANKARA et réussir la journée d’hommage aux anciens compagnons du camarade Président Thomas SANKARA.
Conscient que les échéances de 2020 seront capitales pour l’avenir du parti après
cinq (5) ans de compagnonnage avec le MPP, Maître Sankrara tient aux congressistes un discours "de vérité sur toutes les questions pendantes, car la vérité est sankariste". Il rappelle alors que le choix de l’UNIR/PS de rejoindre le MPP n’était nullement motivé par la soif d’accéder au pouvoir, mais par le souci de garantir une stabilité institutionnelle à notre pays qui sortait d’une insurrection populaire et d’un coup d’état. Un choix que beaucoup de militants n’avaient pas approuvé et n’ont jamais réellement accepté. "Quand Salif Diallo est venu voir Me Sankara pour lui demander de rejoindre la majorité présidentielle, sa réponse a été non. Il a fallu plus de 48 heures de discussions avant qu’il n’accepte et à certaines conditions", confie un cadre du parti. " "Notre choix d’accompagner la majorité présidentielle a été opéré de raison et non de cœur dans l’intérêt exclusif de notre pays le Burkina Faso qui avait besoin avant tout de stabilité institutionnelle", argumente Me Sankara.
Ce choix, il faut bien le reconnaître, a évité à notre pays de vivre l’expérience hasardeuse de la cohabitation avec un gouvernement qui ne serait pas du même bord que le président du Faso. Sans faire injure aux partis politiques et hommes qui les animent, il est plus que probable que la cohabitation allait très vite déboucher une crise institutionnelle, avec à la clé la dissolution de l’assemblée nationale par le président du Faso, au bout d’un an de législature et la convocation à nouveau du corps électoral dans l’espoir d’obtenir une majorité à lui. Le Burkina post insurrectionnel et post-coup d’état pouvait-il se permettre un tel luxe ?
Dans son message, Me Sankara rappelle également que son choix représente une opportunité pour l’UNIR/PS de faire l’expérience de la gestion de la chose publique, ce qui n’est pas rien pour un parti qui aspire à la conquête du pouvoir.
En rapport avec le thème du congrès, « Quelles stratégies de campagne pour une victoire éclatante de l’UNIR/PS aux élections couplées de 2020 ? », il a exhorté "tous les responsables du parti du niveau central aux niveaux déconcentrés, tous les cadres du parti, où qu’ils se trouvent, à engager la dynamique victorieuse de notre parti".
L’UNIR/PS va t-elle oui ou non présenter à la candidat à la présidentielle du 22 novembre 2020 ? La question n’a pas été tranchée au terme des travaux du congrès extraordinaire. Il revient au Secrétariat exécutif national (SEN) de proposer dans trois mois la stratégie qui soit la plus pertinente et qui permettra au parti de sortir plus renforcé des prochaines élections.La séquence de la succession "démocratique" de Maître Sankara, comme il le dit lui-même, pourra alors s’ouvrir.

Joachim Vokouma
Kaceto.net

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