Du 21 au 30 juillet 2020, l’Ambassadeur du Burkina Faso en Côte d’Ivoire, SEM. Mahamadou ZONGO, a effectué un périple qui l’a conduit successivement à l’ouest (Soubré, Man et Biankouma), au sud-ouest (Méagui, San-Pédro et Grand-Beréby) et au centre (Bouaké et Yamoussokro) du territoire ivoirien.

Accompagnée du Consul général du Burkina à Soubré, Hervé BAZIE et du Colonel-Major Labawo FOROGO, Attaché de Défense près l’Ambassade, la délégation conduite par Mahamadou ZONGO, est allée prêcher la paix, la cohabitation pacifique, le vivre ensemble entre Ivoiriens et Burkinabè dans ces différentes localités.
Partis de Soubré, au petit matin du 22 juillet 2020, l’Ambassadeur ZONGO, le Consul général et l’Attaché de Défense militaire ont mis le cap sur la ville des dix-huit (18) collines, Man, chef-lieu de la Région du Tonkpi. Dès leur arrivée, ils ont rendu une visite de courtoisie au Préfet du Département de Man, Jérôme Kayaha SORO, à qui l’Ambassadeur ZONGO a d’abord traduit la reconnaissance et les félicitations de la Représentation diplomatique burkinabè pour les efforts inestimables dans la préservation de la paix entre Burkinabè et Ivoiriens. Pendant plus d’une heure, les échanges ont porté sur le vivre ensemble entre les populations autochtones et les allogènes constitués essentiellement de ressortissants burkinabè.
Zone de conflits récurrents entre autochtones et allogènes, des conflits généralement meurtriers, voire des assassinats par machettes, cette partie ouest ivoirienne préoccupe énormément la Représentation diplomatique. Aussi, l’Ambassadeur a souhaité et émis le vœu que les auteurs de crimes, d’assassinats ou de morts violentes de personnes soient les seuls responsables à assumer les conséquences de leurs actes. En d’autres termes, que les sanctions soient individuelles afin d’éviter que toute la communauté vivant dans une localité ne soit victime d’un acte isolé d’un de ses membres. Le premier responsable de la Région du Tonkpi a remercié la délégation pour le déplacement et en retour, il a expliqué les multiples initiatives et actions que l’administration locale développe pour renforcer la cohabitation des différentes communautés mais aussi la fermeté contre les auteurs des actes contraires à la loi, quel qu’en soit l’auteur. Après ces échanges fructueux, la délégation a continué à Biankouma où elle a passé la nuit. Dans la journée 23 juillet, elle a rendu successivement visite au Préfet du Département, au Maire de la commune et au Chef central de Biankouma avant la rencontre d’échanges avec la communauté burkinabè.


Avec les autorités administratives de Biankouma (Préfet et Maire), l’Ambassadeur ZONGO a réitéré sa reconnaissance et ses encouragements pour les efforts de cohabitation pacifique.
La visite au Chef central de Biankouma a réuni à l’occasion tous les chefs de villages, de terre et de quartiers. Les échanges ont duré plus d’une heure d’horloge. Le chef central a remercié l’Ambassadeur et sa délégation pour cette belle tribune d’échanges. Après avoir rappelé l’ancienneté et l’importance de la communauté burkinabè dans le département ainsi que les relations harmonieuses qu’elle entretenait avec les autres communautés, le porte-parole de la chefferie a exprimé leur incompréhension et leur mécontentement face à la multiplication d’actes de violence perpétrés par des Burkinabè contre les autochtones d’une part et d’autre part, le refus de certains Burkinabè de reconnaitre l’autorité des chefs de village. Il a également insisté sur le fait que de nombreux Burkinabè, au prétexte d’avoir acheté des terres avec des jeunes, s’installent dans des campements éloignés des villages à l’insu des autorités villageoises. Ces types d’installation s’accompagnent de la transgression des coutumes et interdits des villages. Ce sont ces types de comportement qui engendrent la détérioration des relations intercommunautaires qui pourtant autrefois étaient fraternelles.
En réponse, l’Ambassadeur a remercié les chefs pour leur hospitalité et les a encouragés à toujours œuvrer pour consolider les relations intercommunautaires et exprimé le souhait qu’en cas de transgression des règles et coutumes que les sanctions soient appliquées exclusivement au contrevenant afin d’éviter que la communauté dans son ensemble ne paye pour des fautes commises par des individus. Il leur a en outre promis de tenir compte de leurs préoccupations dans ses échanges avec les membres de la communauté burkinabè.


La rencontre entre l’Ambassadeur et la communauté burkinabè s’est tenue dans la grande salle de la Mairie de Biankouma. Particulièrement mobilisés pour la circonstance, les Burkinabè de la localité ont échangé sans tabou pendant près de quatre heures d’horloge avec l’Ambassadeur ZONGO, assisté du Consul général du Burkina à Soubré.
Dans son adresse, l’Ambassadeur a mis l’accent sur l’organisation de la communauté comme préalable pour non seulement promouvoir la solidarité entre elle mais aussi contribuer efficacement au développement des zones d’accueil ainsi qu’à celui du Burkina. Il a ensuite insisté sur l’obligation de respecter les textes et lois de la Côte d’Ivoire, les coutumes et les autorités traditionnelles des zones d’accueil. Dans cette même logique, il a demandé à ses compatriotes de toujours s’adresser aux autorités des villages pour les acquisitions des terres pour les plantations et enfin de proscrire la violence dans leurs comportements. Il a particulièrement insisté sur la nécessité de recourir aux autorités, à commencer par les chefs de villages, pour régler les différends qui viendraient à naître entre eux et les membres d’autres communautés.
Enfin pour clore ses propos, l’Ambassadeur leur a rappelé l’obligation de déclarer les naissances leurs enfants dans les Mairies mais aussi et surtout le devoir d’inscrire les enfants en âge dans les écoles. Dans cette partie de la Côte d’Ivoire, le taux d’analphabétisme au sein de la communauté burkinabè oscille entre 60 et 80% alors que l’école est gratuite pour tous les enfants.
Dans les échanges qui ont suivi, outre les remerciements (c’est la première fois qu’un Ambassadeur arrive dans la localité), les interventions ont porté sur les divisions au sein de la communauté, l’isolement de certains Burkinabè dans des campements, le refus de certains Burkinabè de participer aux activités de la communauté burkinabè. D’autres préoccupations ont été portées à l’attention de l’Ambassadeur et du Consul général, notamment, l’accès rapide aux cartes consulaires, les rackettes liées aux certificats de résidence, la violence que la communauté dans son ensemble subie et des cas de disparition de personnes.


En ce qui concerne l’accès aux cartes consulaires, l’Ambassadeur et le Consul général ont promis de résoudre la question très rapidement. Pour ce qui est du certificat de résidence, la Représentation diplomatique a déjà saisi les plus hautes autorités ivoiriennes. Malheureusement, quelques cas isolés persistent encore sur le territoire ivoirien.
En ce qui concerne les disparitions de personnes et les actes de violence, la Représentation diplomatique demande à ses concitoyens de saisir les juridictions indiquées et les autorités locales (Préfets, Gendarmerie et Police) par des dépôts de plaintes en bonne et due forme. Cela permettra à la Représentation d’agir dans la légalité qui sied.
Après cette étape, la délégation est revenue à Soubré où elle a été reçue par le Préfet de la Région de la Nawa, Massemba KONE, le Maire de la commune de Soubré, Lassina TRAORE, avant de continuer à Méagui, San-Pédro et Grand-Bereby.
Si à Méagui, la délégation a échangé avec les Burkinabè sur les questions d’organisation et de solidarité, à San-Pédro et à Grand-Bereby, elle a rencontré les autorités locales, à savoir, le Préfet de Région, Ousmane COULIBALY, et le Sous-Préfet. Avec leurs interlocuteurs, Mahamadou ZONGO et Hervé BAZIE ont parlé de la cohabitation pacifique, des sanctions individuelles à infliger aux auteurs de meurtres.
Ensuite, la mission s’est rendue dans la Région du Gbêkè (Bouaké) où l’Ambassadeur ZONGO et l’Attaché de Défense FOROGO ont été accueillis par le Consul général du Burkina à Bouaké, Bourêma KI. Ensemble, ils ont rencontré des responsables de la Mairie de Bouaké pour parler des possibilités de promotion et de la diversification d’activés dans le sens du renforcement de l’intégration entre les communautés.
Sur le chemin de retour, la délégation a marqué une halte à Yamoussokro, capitale politique de la Côte d’Ivoire, pour visiter le terrain attribué au Burkina Faso pour la construction de son Ambassade et la Résidence. Avec la pression foncière, le terrain, jusque-là non clôturé, est menacé d’occupation anarchique. L’engagement a été pris par la Représentation diplomatique de le sécuriser par la construction des bornes et du mur de clôture.
Cette tournée a permis à la Représentation diplomatique burkinabè de réaffirmer son engagement dans la protection et la défense de la communauté burkinabè, mais aussi et surtout, de concrétiser sa proximité auprès de cette communauté de près quatre millions de personnes sur le territoire ivoirien.
La délégation a regagné Abidjan le 30 juillet 2020.

Issouf ZABSONRE
Attaché de Presse
Ambassade du Burkina
Abidjan

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