Depuis l’investiture à la hussarde du candidat Eddie Komboïgo, président légal et légitime du CDP, nonobstant la Loi scélérate Sy d’exclusion, candidat à l’élection présidentielle de 2015, le malaise va crescendo. Une panne de lucidité évidente en ceci que cette précipitation orchestrée par le clan du Général Diendéré a empêché ce grand parti de jouer la carte de la crédibilité Kadré Désiré Ouédraogo et par voie de conséquence, a privé les Burkinabè d’avoir une offre électorale plus ouverte et d’imposer un second tour comme le Général Lamizana, le plus sage président y a été contraint par Monsieur Macaire Ouédraogo en son temps. Depuis cet acte désinvolte, ce parti va mal. Le silence du Fondateur du parti, le Président Blaise Compaoré n’arrange certainement pas les choses. Il prône le dialogue et le consensus, jamais pratiqués intramuros entre les légitimistes du président Kadré Désiré Ouédraogo et les Diendéristes et aventuriers affranchis (nuance importante) du Général condamné.
Le polemos est la marque de tout parti démocratique et qu’il faut voter librement et trancher dans la transparence, les options présentées. Cette voie démocratique a sélectionné le président Eddie Komboïgo sur le fil du rasoir contre le magistrat et ancien ministre, El Haj Boureima Badini. Il n’a pas contesté ou même suspecté le dépouillement.
Le professeur Jean Koulidiaty, arrivé troisième force, ami du Président Compaoré, cet homme de science et patriote attaché au sort du Burkina Faso, lui aussi, avec élégance, s’est incliné. Il y a là, une élégance démocratique que l’élu aurait dû contribuer à amplifier au profit de la gouvernance démocratique suivant les textes fondateurs.
Un parti politique est une simple association privée de citoyens libres. Leurs droits à la divergence d’opinions, aux options différentes ou alternatives relève du droit des gens dans les sociétés ouvertes dont parle le philosophe Karl Popper. Aussi la daba du président Komboïgo n’aurait pas dû s’occuper de couper les racines, tiges de mil et sorgho juste pour que les épis qu’il a en mains, lui reviennent, à lui et à lui seul. Mieux, la nécessité du moment politique CDP, les convulsions socio-politiques de notre patrie et la décence lui imposaient l’humilité et la concertation. D’aucuns estiment que les mains immatures attirent le chaos. Somme toute, cette décision d’exclure, de suspendre ou de servir à la pelle les avertissements, de chasser les poids lourds et loyaux du CDP et fidèles compagnons du fondateur est comme un suicide au nom du parricide. Bientôt le parricide par le candidat au suicide avant le Congrès ordinaire de 2021 ? Le CDP a subi l’exclusion hier. Aujourd’hui, il se l’inflige pour mieux accélérer son propre processus d’implosion. Curieux. En Italie par exemple, la Démocratie Chrétienne, a implosé suite aux opérations Mani Pulli des juges comme Di Pietro.
Je ne suis ni militant, ni sympathisant du CDP. Mais puisque c’est un ancien parti de gouvernement et que comme citoyen libre, sa gouvernance démocratique ou non, m’importe au nom de l’intérêt public. Il pourrait revenir par les urnes au pouvoir dans une coalition électorale en mettant en ballotage défavorable le MPP. Cette implosion est ainsi un marqueur. Vu la dynamique des écosystèmes politiques en fractionnement, recomposition et effritement, le bilan soit introuvable ou comateux du MPP+les Sankaristes de la Révolution vénale et par conséquent, la probabilité d’un nouveau second tour au Pays des gens intègres est à portée de mains. Ce Congrès (ses effets exclusions et suspensions prononcées) est disputé au Tribunal de second niveau. Nous attendons la décision de justice.
Le CDP version Eddie Komboïgo est-il alors la trahison de l’occurrence d’imposer un second tour défavorable au MPP -Insurgés ? Une trahison dont le suprême enjeu serait de maintenir la détresse au sein des populations, l’instabilité, accentuer la ruine sécuritaire et perpétuer le déshonneur des gens Intègres, ceux de mon pays bien aimé. Pourquoi ? Pour faire regretter le long règne du CDP ? Mais il a déjà eu sa chance. Donnons la chance à un autre groupement d’intérêts politiques burkinabè. Tous les Burkinabè sont réputés candidats à la Charge de Président du Faso. Il suffit d’en avoir les moyens. Différence catégoriale !
Le courant légitimiste reconnait Kadré Désiré Ouédraogo comme sa figure emblématique et candidat déclaré pour l’élection présidentielle 2020. Il comprend les dirigeants Koné, Badini, Kouldiaty, Sanou, Sawadogo et Koanda qui vote Bonkoungou. Il part du constat que notre pays souffre. Ce pays nous a tout donné. Nous lui devons tout. Mobilisés, nous relevons son honneur !
Si le CDP hier n’a pas été visionnaire et stratège, ses cadres ont été incapables de courage et de vérité de terrain, coupés du pays réel (d’où le nexus Coup d’Etat-insurrection de 2014), il faut arrêter, maintenant, de flatter les égos. Le CDP ne doit plus continuer à être victime de ses propres erreurs. Le Courant légitimiste estime que le parti nouveau doit avoir une existence propre, être gouverné conformément à ses Textes. Pour ces dirigeants, leur rôle historique, face, aujourd’hui, au doute existentiel de notre pays, c’est d’écouter le peuple, de jouer les nouveaux usages, les pratiques nouvelles, préparer la nouvelle génération et transmettre le témoin, tranquillement à un autre étalon prêt à gouverner. Leur responsabilité patriotique impose, de facto, une recomposition, une renaissance avec un homme d’étoffe, un Burkinabè expérimenté. Agir ensemble pour construire la paix et la prospérité partagée. J’y crois. Là encore, la Démocratie Chrétienne en Italie lors de la crise de la Première République, a opéré, une transition démocratique avec Romano Prodi. Celui-là avait ce profil. Au CDP d’hier, Kadré Désiré Ouédraogo est, lui aussi, le profil type pour ce passage tranquille, démocratique et apaisé. Apaiser pour corriger les impairs du CDP et engager la gouvernance vertueuse au Faso.
De l’intérieur du CDP, ces militants derrière leur président croyaient en leurs capacités de redresser le pays au moyen de leur parti si une seconde chance leur était donnée. Ils ont donc un idéal patriotique, un honneur à défendre, une intégrité à restaurer. Ils ne sont pas carriéristes comme certains jeunes aventuriers ou vieux politiciens dont la fin brutale du CDP au pouvoir a bien surpris et mis sur la paille. Mais le destin politique est personnel. Chacun doit s’assumer. La République n’est la rente de personne.
Que pour accorder un second bail au MPP et alliés, il faut laisser prospérer la confusion et la pusillanimité. Le CDP Eddie veut-il alors maintenir au pouvoir, ce régime MPP d’impuissance sécuritaire, seulement apte à l’insolite, incapable d’acter la réconciliation et tout aussi impotent pour affronter courageusement la peste terroriste par nos FDS. Honneur à nos soldats qui sont capables, bien encadrés, motivés et équipés de défendre notre souveraineté et notre intégrité. Quant aux accusations portées contre des citoyens, soit elles sont sans preuve irréfragable administrée, soit elles dénotent la démission ou l’insuffisance du leadership national. Si des preuves existaient, on serait parti chercher ces citoyens où qu’ils se trouvent et les traduire devant la Justice. Le Gouvernement est fondé à le faire. Si les preuves n’existent pas, alors qu’on joue la carte de la paix conviviale et fraternelle inter-burkinabè, il y a problème.


Le bon gouvernement accompagne les citoyens dans la poursuite libre de leur bonheur disait le Président Thomas Jefferson. Or, le MPP est foncièrement inapte à apporter et garantir la sécurité, la liberté d’aller et venir du citoyen résidant dans le Soum, de construire, ensemble, la paix ouverte. Si tant est que les enjeux sécuritaires dépassent le Burkina Faso, d’emblée, ils surclassent aussi les gesticulations stériles du G5 Sahel, ce baveux inutile. Sans l’Algérie associée et la Lybie stabilisée, les lubies peuvent prospérer. Il faut une solution africaine ou à tout le moins, ancestrale par la levée de masse au moyen de la réconciliation qui fasse appel à toutes les initiatives citoyennes et ressources. La justice comme équité suivra ensuite dès lors que notre salut est conforté par la concorde.
En attendant, je propose qu’on se place dans l’hypothèse où l’Appel interjeté par le militant loyal et membre co-fondateur, le doyen Mahamadi Koanda et les autres, obtient gain de cause. Je vous sais gré de m’accorder 4 remarques.
1. Les abus de pouvoir ruinent la loyauté politique tandis que le fait du Prince assomme la légalité. Aucun homme d’honneur et surtout pas celui en quête de la décence et de l’intégrité architectoniques du service public (un parti politique contribue à la délivrance du service public de qualité à la population pour mériter sa confiance) ne peut tolérer les impairs à la gouvernance démocratique des associations privées de citoyens libres. Fonder les sanctions sur l’indiscipline relève du conte de fée puisqu’en général, les indisciplinés ou anarchistes ne saisissent pas le juge. Ils sont leur propre autorité. Je salue les démissions du Président Kadré Désiré Ouédraogo, mon candidat pour 2020 et du Magistrat El Haj Boureima Badini du CDP. Un chef, un vrai leader, ça sert à trancher dans le vif les quiproquos auxquels il fait face. Plutôt trancher en étant injuste que le règne du désordre pour tous en noyant sa volonté décisoire dans les méandres, scrupules et indigence obséquieuse. Leurs démissions et celles à venir sont rafraîchissantes et administrent la preuve que l’étalon en quête de liberté, dort débout pour être à l’aube d’un cycle nouveau. Légitime fierté pour ceux qui ne confient pas leur devenir aux vents !
2. La Justice va vider l’affaire pendante. En raison des démissions des hommes d’honneur et de responsabilité, il se posera alors la question de comment résorber le vice d’illégalité et biffer la menace au règne d’un seul qui sait accommoder ses propres caprices présidentiels et atteinte à l’ordre démocratique et gouvernance vertueuse au sein du CDP. Cette question concerne tout le public burkinabè vu l’histoire de ce parti. Bien que consacrée l’illégalité de la tenue de ce Congrès Extraordinaire et effets, pour autant, la rupture de la chaîne des militants est rompue vu le poids des hommes.
3. Le CDP a implosé. Il a tenu un Congrès extraordinaire qui consacre un principe. L’Arrêt Rechoux prononcé par la Cour de Cassation belge le 10 décembre 1923 (perquisition effectuée sans autorisation judiciaire) stipule, comme ledit congrès du CDP, le principe d’illégalité commise. D’ailleurs l’Avocat Général Leclerc, énonce, conformément à ce principe : « La chose frugière étant une action illégale, toutes les conséquences contre l’homme qui en a été victime sont entachées du même vice d’illégalité » 1.
Il y a là, un raisonnement logique strict qui acte une invariance de type génétique. La fameuse théorie des fruits de l’arbre empoisonné. Le CDP est-il comme cet arbre empoisonné ? Ses fruits seraient-ils donc empoisonnés comme ce Strange Fruit que chantait la diva Billie Holiday en 1939. La ségrégation raciale secrète et produit le racisme, la haine du Noir.
4. Le silence du Fondateur Blaise Compaoré traduit-il alors le temps des sépultures du CDP ? Aucun silence n’est interdit en la matière. S’est-il résolu, ayant pratiqué le pouvoir d’Etat pendant longtemps comme l’Italien Julius Andreotti que le pouvoir n’use que ceux qui n’en ont pas ? Le président Eddie Komboïgo est alors dans son bon droit. Pour le peu que je sais du Président Compaoré, je ne crois pas. Pour autant avoir laissé les gazouillis d’inconfort des oisillons aventuriers contre les aigles, ce silence paralyse la manifestation de la vérité du CDP réel. Puisque la vérité judiciaire attendue, quel que soit le côté d’où l’on perçoit le problème posé, ne saurait dire la vérité de la survie du CDP.
Depuis le début, il aurait été judicieux que le bureau du Fondateur travaillât sur un accord de poursuite suspendue au nom du consensus auquel il croit. Bref, plus généralement, nous sommes engagés comme communauté nationale à construire un état de droit. A tout moment, la Loi, puisque nul n’est au-dessus d’elle, citoyens libres comme associations de citoyens libres, dira très clairement si défendre l’intérêt
« personnel » d’un tiers en l’occurrence, par une association reconnue est identique à la défense de cette association privée d’intérêts. C’est ce sujet qui est devant le Tribunal. La vérité judiciaire en attente n’est certainement pas l’opinion sûre du citoyen.

Mamadou Djibo Baanè-Badikiranè
Philosophe

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