Effectifs pléthoriques, suppression de l’examen blanc, frais de scolarité en constante augmentation, manque de système sanitaire pour les élèves, etc., l’Association des élèves du secondaire de Ouagadougou (AESO) s’insurge contre les conditions d’études élèves et demande au gouvernement "un meilleur contrôle des établissements privés".

Camarades élèves,
L’AESO en ce début d’année scolaire tient à vous féliciter pour votre constante mobilisation et à vous souhaiter une bonne rentrée scolaire et beaucoup de courage, surtout aux camarades en situations de déplacés.
La rentrée scolaire 2019-2020 se tient dans un contexte national particulièrement préoccupant marqué par :
La poursuite de la privatisation de l’école Burkinabé ;
Le renchérissement continue du coût de la vie (augmentation de prix de produits de première nécessité comme le riz, le mil, le maïs, le lait, l’huile, l’essence, etc.) ;
les assassinats ciblés et de masses et la montée en puissance des escadrons de la morts (cas l’assassinat de deux responsables de l’Organisation démocratique et de la jeunesse (ODJ) dans le Yagha, des assassinats de masses à Kain, Bahn, etc.) ;
La remise en cause des libertés démocratiques et politiques, en témoigne l’interdiction et la répression de la marche unitaire du 16 septembre et l’interdiction de la marche initiée dans le cadre des Journées Anti Impérialiste (JAI) le 12 Octobre 2019 sous des prétextes fallacieux ;
L’incapacité manifeste du pouvoir MPP et alliés à trouver des solutions idoines à la question sécuritaire et aux préoccupations pressantes de notre peuple.
Camarades élèves
Le système éducatif burkinabè n’a jamais été autant en crise depuis la soumission de notre pays aux Programmes d’Ajustement Structurels (PAS) dans les années 1990 pompeusement rebaptisés aujourd’hui Plan National de Développement Economique et Social (PNDES). En effet, sous les injonctions des institutions de Bretton Woods, l’Etat s’est désengagé du système éducatif et a fait l’option de la privatisation pure et simple de l’école burkinabè.
Résultat, les établissements privés poussent comme des champignons sans un véritable contrôle de l’Etat dans toutes les villes du pays particulièrement à Ouagadougou. De plus, ces établissements privés, en complicité avec les pouvoirs successifs, s’adonnent à une véritable surenchère des frais de scolarité pouvant atteindre 250 000 FCFA voir même plus. Le peu d’établissements publics existant notamment dans la ville de Ouagadougou sont confrontés à des difficultés sur les plans scolaire et social.
Au plan scolaire, les établissements sont confrontés à des effectifs pléthoriques dans les salles de classes et un manque criard d’infrastructures et d’enseignants obligeant ainsi les élèves et leurs professeurs soit à squatter des classes de fortune (cas du lycée municipal de Bogodogo pendant l’année scolaire 2018-2019 et du Lycée de Zagtouli cette année) soit à faire du nomadisme de classe afin de trouver une salle où faire cours (cas du Lycée Professionnel Régional du Centre (LPRC)).
En plus de ces difficultés, on assiste à la suppression au forceps des examens blancs dans les classes d’examen par le ministère sans aucune forme de concertation ; à l’instauration de frais multiples dont nos parents se voient obliger de supporter en plus des frais de scolarité : frais de bibliothèque, parking, assurance ,etc ; à l’arnaque organisée par certaines « Associations des Parents d’Elèves », non contents de faire payer les frais par élèves, continuent d’appliquer des frais exorbitants et variant d’un établissement à un autre et cela malgré les mises en garde du ministère en charge de l’éducation (5000 FCFA au lycée Bogodogo, 6000 FCFA au lycée Nelson MANDELA, 7 500 FCFA aux lycée technique Amilcar Cabral et au lycée Mixte de Gounghin, etc.)
Sur le plan social, on déplore le manque de cantines scolaires, les difficultés d’accès aux allocations pour les élèves boursiers, les manœuvres de détournement des bourses des élèves, l’absence d’un système de transport réservés aux élèves pendant l’année livrant ainsi ces derniers à la furie des « camions fous » et l’absence d’un système sanitaire efficaces pour les élèves.

Camarades élèves !

Malgré ce contexte difficile et en dépit de la campagne d’intoxication du pouvoir, de tentatives de musellement de notre cadre authentique de lutte (refus d’accorder des salles pour les réunions, refus d’octroyer des billets de passages dans les classes, menaces et intimidations des responsables de sections), les élèves de la ville de Ouagadougou, à l’instar de ceux des autres localités du pays, se battent pour l’amélioration de leurs conditions de vie et d’études, et apportent leurs contributions aux luttes des travailleurs de l’éducation et de notre peuple. Cette détermination a permis d’arracher quelques acquis significatifs notamment la réinstauration des bourses scolaires, la baisse des frais de scolarité, la promesse des autorités de faire des cantines scolaires une réalité tout au long de l’année scolaire.

C’est pourquoi l’AESO vous invite à :

Renforcer votre cadre authentique de lutte ;
Vous mobiliser encore plus autour de ses sections et comités pour la satisfaction de notre plate-forme d’action dont les points sont :
la prise de mesures urgentes afin de permettre aux élèves en situation de « déplacés » de continuer convenablement leur année scolaire (scolarité, logement et restaurations, etc) ;
La construction de plus d’établissements publiques ;
L’équipement des ateliers et laboratoires en produits adéquats ;
la suppression des frais APE et autre cotisation spéciale ;
Un meilleur contrôle des établissements privés par l’Etat ;
La mise en place d’un système de transport efficace et accessible aux élèves (lignes spéciales, réduction de l’abonnement à 2500 FCFA) ;
Une baisse substantielle des frais de scolarité et d’inscription ;
La mise en place d’un système sanitaire efficace et accessible aux élèves ;
L’ouverture des suites de filières au niveau de l’enseignement technique ;
La dotation aux structures démocratiques des élèves d’un local pour les réunions ;
L’effectivité des cantines scolaires dans les lycées ;
La tenue effective des examens blancs dans tous les lycées ;
Apporter constamment votre contribution aux luttes des travailleurs et du peuple.
Bonne rentrée 2019-2020 !
Vive l’AESO !
Pain et Liberté pour le Peuple !
Ouagadougou le 20 Novembre 2019

Le Comité Exécutif

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