Report pour trois mois des paiements des factures d’eau et d’électricité des PME, suspension de l’arrêté portant augmentation du prix des hydrocarbures récemment décidée, rééchelonnement des dettes et de leurs encours pour une durée de six mois, etc., autant de propositions formulées par l’Union pour le progrès et le changement (UPC) pour aider le secteur économique à faire face aux mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le COVID-19.

Depuis le début de la pandémie en lien avec le coronavirus dans notre pays, d’importantes mesures sanitaires ont été prises pour faire face à ses conséquences sur la santé de nos populations. L’UPC salue ces décisions même si elles sont prises avec du retard et sans concertation avec les acteurs concernés.
L’une des conséquences prévisibles reste la situation économique dramatique qui est une menace imminente pour nos entreprises ainsi que pour les salariés, tous les acteurs de la chaîne économique et de production de la richesse nationale dans notre pays. La fragilité de notre économie, déjà mise à mal par l’insécurité et sa gestion chaotique par le régime MPP, s’aggravera davantage par les effets collatéraux de la pandémie du coronavirus.
Point n’est besoin de rappeler à tout un chacun le drame économique qui s’installe et se vit déjà. Le confinement des principales villes de notre pays, l’instauration du couvre-feu, l’interdiction des transports de personnes entre les villes, les fermetures des marchés et yaars et autres lieux de rencontres de grands regroupements et autres décisions, quoique justifiés, entraîneront inévitablement des licenciements de travailleurs ou leur mise au chômage technique, la baisse des activités des entreprises, le ralentissement du travail dans l’Administration publique avec une baisse des recettes fiscales, bref une baisse drastique des activités économiques. Certains spécialistes en la matière estiment que le Burkina Faso verra une baisse de son PIB d’environ 20% et une baisse de 2 points de son taux de croissance pour l’année 2020.
Face à ce ralentissement prévisible de l’économie et de la situation humanitaire dramatique qui pointe à l’horizon, l’UPC invite le gouvernement à mettre en place un dispositif d’urgence et d’accompagnement des entreprises par :
-  La suspension et le report du paiement des impôts et taxes comme la TVA et l’impôt sur les sociétés afin de consolider la trésorerie des entreprises qui sont concernées et ainsi leur donner les moyens de continuer d’assurer le paiement des salaires et des autres engagements comme les factures des fournisseurs ;
-  Le report pour trois mois des paiements des factures d’eau et d’électricité des PME et notamment celles relevant du secteur informel et des foyers à faible consommation ;
-  La suspension de l’arrêté portant augmentation du prix des hydrocarbures récemment décidés et de prendre les mesures idoines pour lutter contre l’inflation constatée sur les prix de certains produits de grande consommation ;
-  Un plaidoyer bien argumenté et soutenable auprès des banques, des établissements financiers, des caisses populaires et tout autre établissement de crédit aux entreprises et aux ménages, le rééchelonnement des dettes et de leurs encours pour une durée de six mois ;
-  L’application rigoureuse de la réglementation en matière de droit du travail afin de mieux protéger les travailleurs ;
-  La réaffectation des crédits budgétaires non consommés suite aux mesures prises de lutte contre la pandémie dans un fonds de soutien aux entreprises en difficulté. Ce fonds pourrait être aussi alimenté par des emprunts garantis par le Trésor public.

L’UPC invite les chefs d’entreprises à se départir de la panique et de prendre de bonnes décisions afin de se doter d’outils modernes de management en période de crises bien connus que sont entre autres :
-  s’abstenir de vendre à perte leurs actifs dans les trois mois ;
-  s’abstenir d’endetter davantage leurs entreprises et mettre ainsi à mal leurs relations financières avec leurs partenaires ;
-  identifier les dépenses non essentielles et les réduire drastiquement
-  créer ou renforcer les cadres de concertation avec les partenaires sociaux pour renforcer la confiance au présent et pour identifier et trouver des solutions consensuelles aux difficultés de trésorerie et les impliquer dans la mise en œuvre des décisions qui seront prises.
-  privilégier dans la mesure du possible, le télé-travail.
Tout cela ne peut se faire que dans un cadre de confiance entre tous les acteurs dans un esprit d’anticipation. C’est pourquoi, l’UPC demande au gouvernement MPP de reprendre langue avec les partenaires sociaux dans les plus brefs délais et de réunir les acteurs du monde économique à travers leurs structures représentatives pour rechercher des solutions consensuelles.

Ouagadougou, le 28 mars 2020

Pour le Bureau Exécutif Central de l’UPC,

Le Secrétaire général national
Rabi YAMEOGO

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