Le malentendu entre l’Union pour le progrès et le changement (UPC) et le président de la Commission électorale indépendante, Ahmed Newton Barry reste entier. Hier, les responsables du parti du Lion a clarifié leur position quatre huit heures après une rencontre avec le président de la CENI qui avait semblé avoir levé les équivoques.

« A ce stade, nous sommes arrivés à nous comprendre et nous sortons de cette salle rassurés que la CENI a pour mission de travailler dans l’intérêt général et nous, à l’UPC, n’avons pas d’objection à les accompagner ». Propos du deuxième vice-président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Adama Sosso, à l’issue d’une rencontre le 9 octobre qui aura duré trois heures avec le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Newton Ahmed Barry et ses collaborateurs.
On pensait donc que la méfiance, voire l’hostilité du premier parti de l’opposition burkinabè envers le président de la CENI était dissipée. Il n’en est visiblement rien. Quarante-huit heurs après, le parti du Lion a convoqué la presse nationale et internationale pour préciser sa position. Hier, 11 octobre au siège du parti dans le quartier Gounghin, c’est encore le deuxième vice-président qui s’est chargé de camper le décor. C’est à la demande de Newton Ahmed Barry que l’UPC reçu la CENI le 9 octobre et l’ordre du jour de cette rencontre a porté sur le nouveau code électoral, la plate-forme d’enrôlement proposée par le président de la CENI et la crise qui affecte la l’institution chargée des élections depuis que cinq commissaires de l’opposition sont entrés en conflit avec le président Newton Barry.
« Au cours des échanges, les représentants de l’UPC ont déploré certaines prises de position du président de la CENI sur des questions qui ne sont pas toujours discutées à l’interne avec ses collègues commissaires », a indiqué Adama Sosso. Une situation qui n’est « évidemment pas de nature à rassurer les parties prenantes au processus électoral ».
Sur la plateforme multicanale, le président Barry a rappelé qu’il s’agit juste d’un projet qui sera finalisé dans sa conception le 30 octobre prochain. Le projet sera ensuite expérimenté pendant deux semaines dans l’Est du pays et qu’un bilan sera établi à la fin pour en évaluer la pertinence. Si le 9 octobre, l’UPC a semblé avoir adhéré à l’idée, hier, Adama Sosso s’est voulu clair et catégorique : "l’UPC rejette la plateforme d’enrôlement proposée par le Président de la CENI, parce que cette forme d’enrôlement par SMS et par appels téléphoniques ouvre la voie à une fraude électronique massive. La plateforme, testée ou pas, ne nous inspire pas du tout confiance. Aussi, nous la rejetons fermement".
Sur le nouveau code électoral votée le 30 juillet à l’assemblée nationale, notamment sur les documents de votation et les lieux de vote, l’UPC reste sur ses positions et demeure hostile au nouveau texte, qui pour lui, exclut de nombreux Burkinabè de l’extérieur du processus électoral.
Le parti de Zéphirin Diabré apporte son soutien aux commissaires de l’Opposition à la CENI entrés en conflit avec leur président qu’ils accusent de diriger l’institution de manière "solitaire et autoritaire".
Pour toutes ces raisons, le député Adama Zerbo maintient toujours que le président Newton Barry "est un danger pour la démocratie". Son parti rejette les réformes proposées et "invite ses militants et l’ensemble des citoyens à se joindre à l’Opposition politique pour combattre ce recul démocratique".

Joachim Vokouma/Frédéric Tianhoun
Kaceto.net

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